12/02/2026
Fragiles, graciles et purs
Ils défient l’hiver. Endormis,
Sous la neige ils s’étirent
Et s’extirpent tendrement.
O perce-neige jolis !
Léger frisson, aube blanchie
Écoute cette sérénité.
Luxe, calme et volupté
Comme dirait le dandy.
O perce-neige jolis !
Poète, seriez-vous mythomane ?
Point de neige en cet hiver
Tout reste gris, noir et boueux
Le silence sent le froid et l’enfer
Rêve poète, que d’hivers ruineux !
Plus de matins glacés glaçants
Plus de blancs flocons floconneux
Elle nous a quitté la rudesse d’antan.
De la pluie, en veux-tu ? en voilà.
Elle tombe à foison en tout moment
Du vent, en veux-tu ? en voilà.
Autan, Bise, Zéphir, point d’absents
La neige devenu vœu pieux
Son doux chant devenu désir
L’hiver blanc ne cesse de fuir
Il est tant de lui dire adieux.
Et bien, laissez-moi donc rêver
Fi du temps, le perce-neige fleurit
Embellit cet hiver maudit
De sa grâce, émerge ma folie.
28/01/2026
A l’arbre
Après une longue absence, quand l’hiver blanc revient,
Pleine d’espérance, je parcours les chemins.
Une fragile présence, une silhouette au loin,
Qu’importe ton essence, lorsqu’à toi je parviens.
S’imprégner de ton âme, respecter ta dormance.
Malgré le temps infâme, absorber les ambiances.
Et le cœur serein, prendre avec aisance,
un portrait divin. Puis, repartir en errance.
15/01/2026
Un petit village du Cantal, de la neige et un regard amusé. Tel est le triptyque fondateur de cette série.
J’adore la neige pour les ambiances qu’elle crée. Face à elle, la nature renonce à ses couleurs, à ses excès, à ses frontières. La neige transforme les choses, fait apparaître les formes, les lignes, les textures ; mais dans le même temps, elle fait disparaître les limites et les horizons. La neige ouvre le règne du minimalisme et du graphisme. Dans ce jeu, de disparitions apparitions, je pioche des mises en scène éphémères qui m’amusent, me font sourire, m’intriguent ou tout simplement m’inspirent.
Sous ce manteau blanc, se découvre une autre forme de vie, plus énigmatique. Des objets délaissés qui se réincarnent. Des objets du quotidien vus sous un autre jour. Des animaux face aux éléments. Des scènes devenues absurdes à moins que ce ne soit l’expression d’une ultime résistance face à un hiver qui veut tout étouffer. Une calligraphie inattendue. Des traces de l’homme repartit au chaud dans son foyer…
Tout cela m’amuse, m’inspire et me fait vibrer. Avec ces balades, je veux montrer l’hiver au village sous un autre angle (pas de folklore montagnard, pas de cartes postales colorées), un angle empreint d’une sérénité amusée ou d’un amusement serein ?
Ce sont mes "neigeries".
07/01/2026
Majestueux, fiers et sévères,
Ils narguent les griffes de l’hiver
Sous les rafales qui s’acharnent
Nul hêtre ne plie. Nul ne désarme !
Leurs branches nues, tordues, tendues
Se protègent et s’entremêlent
En une étrange calligraphie
Esquisse d’un cri, signe de vie.
Les flocons voltigent et dansent
Effleurent avec élégance
L’écorce rugueuse et noire
Rempart à ce purgatoire.
Dans cette froidure, ils murmurent
Des secrets sur fond de mystère ;
Alors que leurs silhouettes austères
Prennent des allures de créatures.
Se peut-il, que lorsqu’on les oublie
Les arbres lancent un défi
Tenons encor mille saisons !
De ces frimas faisons façon.
17/12/2025
Dessine-moi un arbre
Cette ancienne série est née de ma frustration de ne pas savoir dessiner et de ma passion pour les arbres. L’association des deux a ainsi donné naissance à une série très graphique et très minimaliste, laissant place à l’imagination de chacun.
Un traitement noir et blanc très contrasté afin de donner l’illusion d’un dessin à l’encre et un travail sur la photographie pour n’en garder que l’essence et faire émerger le rêve et la poésie. Et pour sublimer le tout, une impression avec des encres au charbon (piezographie) sur un papier texturé.
Cette photographie, « L’arbre-monde » est ma préférée de la série. Elle a tant à dire en si peu.
Un arbre sur une colline qui se transforme en fragment de monde suspendu. Cet arbre qui suggère à la fois la force par son ancrage robuste, fait de rochers protecteurs, et la fragilité de son existence sur cet espace limité entouré de vide. Une représentation de l’antagonisme souverain entre la substance minérale des roches et la vitalité organique de la terre.
Dans cette photographie, tout est opposition et équilibre.
Vous l’aurez compris, je l’adore.